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Les «déchets» sont-ils la solution aux ambitions climatiques de l’Europe ?

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Les objectifs européens en matière de recyclage permettent de réduire les émissions de CO2 de 150 millions de tonnes

​L’atteinte des objectifs européens de 65 % de recyclage et de maximum 10 % de déchets mis en décharge permettra de réduire les émissions CO2 annuelles de l’Europe de 150 millions de tonnes par rapport à 2018. C’est la conclusion d’une étude réalisée par la Fédération européenne des déchets FEAD, et les bureaux d’étude CE Delft et Prognos entre autres.

L’Europe a pour ambition de recycler au moins 65 % des déchets ménagers d’ici 2035 et de limiter à maximum 10 % la mise en décharge. Si le Royaume-Uni et les États membres de l’UE atteignent cet objectif, les émissions annuelles de CO2 diminueront de 150 millions de tonnes, soit plus que les émissions d’un pays comme les Pays-Bas (138 millions de tonnes en 2020 – Globalcarbonatlas.org).

C’est la conclusion d’une étude réalisée par plusieurs fédérations européennes ainsi que les bureaux d’études CE Delft et Prognos.

Des efforts accrus en matière de recyclage et de valorisation

Ces économies de CO2 sont le résultat d’un recyclage plus important et de la (ré)utilisation des matières premières récupérées. Cela nous rend moins dépendants de l’extraction, du transport, de la transformation et de l’utilisation des matières premières primaires (qui représentent 62 % des émissions mondiales de CO2). La récupération d’énergie à partir de matériaux non recyclables dans les usines de valorisation énergétique des déchets et la production de carburants à base de déchets permettent également d’économiser du CO2. Si l’on tient compte de tout cela, le secteur européen des déchets continue d’apporter une contribution aux ambitions climatiques de l’Europe, sans tenir compte du potentiel de réductions supplémentaires existant grâce, par exemple, au transport multimodal, à l’énergie verte et à une mobilité plus verte dans notre secteur.

Plus de capacité de recyclage, plus d’éco-conception

Pour atteindre ce potentiel de réduction des émissions de CO2, des efforts devront être déployés dans toute l’Europe pour renforcer davantage les capacités de recyclage, notamment par un soutien public en faveur de systèmes permettant la collecte séparée d’un plus grand nombre de flux de déchets. 

En outre, les entreprises devraient également consacrer davantage d’efforts à l’écoconception et à la recyclabilité des produits qu’elles mettent sur le marché. Enfin, le gouvernement peut également apporter sa contribution en introduisant de nouvelles mesures qui, par exemple, imposent une utilisation minimale de matériaux recyclés dans les nouveaux produits.   

Le danger des batteries lithium-ion

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Les batteries lithium-ion sont de plus en plus nombreuses. Mais les fabricants d’appareils électroniques ne facilitent pas toujours l’élimination de ces batteries par les consommateurs. Par conséquent, beaucoup d’entre elles finissent dans les flux de recyclage où elles n’ont pas leur place, avec toutes les conséquences que cela implique. Les batteries lithium-ion sont devenues la principale cause d’incendie dans les entreprises de recyclage. Un problème qui mérite toute l’attention, car les conséquences et les coûts sont supportés uniquement par les recycleurs.

Il n’existe pas encore de chiffres précis pour la Belgique. Mais une étude réalisée en 2020 par la fédération sectorielle européenne EuRIC auprès de ses membres actifs dans le traitement des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) montre clairement qu’il y a effectivement un problème. Des incidents se produisent presque chaque semaine. Nous ne parlons pas seulement d’incendies ou d’explosions, les entreprises de recyclage ont déjà beaucoup investi dans des systèmes de sécurité afin de déclencher un système d’extinction ou d’intervenir d’une autre manière au moindre dégagement de fumée ou de chaleur. Plus importants encore que le nombre d’incidents sont les dommages potentiels qu’ils causent, à commencer par la souffrance humaine, bien évidemment. La sécurité des travailleurs doit être primordiale. Ensuite, il y a les coûts. Les coûts directs dus aux flammes, mais aussi les coûts indirects engendrés par l’arrêt de la chaîne de production, la perte de matériel (due au feu ou à l’eau) … En moyenne, ces coûts s’élèvent à 190 000 euros, et dans le pire incendie, les dommages ont même atteint 1,3 million d’euros. Des chiffres qui expliquent pourquoi les assureurs réfléchissent à deux fois avant de coopérer avec les entreprises de recyclage.

Commencer par le tri à la source

La prévention des incidents liés aux batteries lithium-ion commence par un tri à la source approprié. Le nombre de produits contenant de telles batteries est en constante augmentation. Au cours des cinq prochaines années, il devrait augmenter de 10 % par an. Un consommateur négligent qui jette sa cigarette électronique dans les déchets résiduels ou son vélo électrique avec sa batterie dans la décharge … cela peut avoir de graves conséquences car leur présence potentielle ne peut être prise en compte lors du traitement. En effet, il n’existe pas de système de détection capable de repérer parfaitement les batteries au lithium-ion dans tous les flux et à tous les stades de la chaîne de valeur. Repérer une batterie dans une tonne de déchets, c’est chercher une aiguille dans une botte de foin. Les incidents peuvent désormais survenir aussi bien lors de la collecte ou du stockage que lors du traitement.   

Pour un recyclage sûr, la batterie doit donc être retirée à la source. Cela ne se produit encore que trop rarement aujourd’hui, d’une part par manque de connaissances, et d’autre part par l’absence d’une bonne éco-conception qui prend déjà en compte la recyclabilité et donc le démantèlement de la batterie. La sensibilisation est donc d’une importance cruciale.

Tout le monde dans le même bain

Mais comment s’armer contre cela en tant qu’entre­prise de recyclage ? Les principes géné­raux de la sécurité incendie s’appliquent certainement ici. Miser sur une formation adéquate du personnel, afin qu’il reconnaisse les batteries lithium-ion et leur danger potentiel, mais aussi pour qu’il puisse exécuter correctement les procédures à suivre. En outre, il s’agira d’investir dans la technologie. Si les batteries lithium-ion ne peuvent peut-être pas être détectées, il existe toutefois sur le marché des systèmes qui déclenchent l’alarme à un stade précoce, dès l’apparition de la chaleur ou de la fumée. Le compartimentage sera également crucial pour éviter la propagation des flammes et donc limiter les dégâts. Des mesures curatives, en d’autres termes. C’est pourquoi il est important que la question des batteries lithium-ion et de la sécurité incendie soit également inscrite à l’agenda politique. Les entreprises de recyclage paient peut-être la facture des dommages que ces batteries peuvent causer, mais elles n’en sont pas la cause. Il faut secouer l’arbre pour inciter les fabricants à opter davantage pour l’éco-conception.   

Le déploiement des formulaires d’identification numériques

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La numérisation des documents de transport prend progressivement de l’ampleur. Il en va de même pour la numérisation des formulaires d’identification pour le transport de déchets. Dans ce contexte, Denuo a développé le système numérique Ewastra en collaboration avec le producteur Pionira, grâce à la contribution de ses membres. 

Ces dernières années, la numérisation a été à l’ordre du jour un peu partout, notamment dans le secteur du traitement et du recyclage des déchets. Les Régions flamande, bruxelloise et wallonne veulent numériser. L’un des éléments de cette démarche est la numérisation des formulaires d’identification pour les transferts de déchets. 

Ewastra prévoit une solution numérique pour ces formulaires d’identification qui fera disparaître complètement le papier dans la chaîne de transport des déchets. 

Depuis la crise Covid, nous avons remarqué que l’adoption du système a augmenté. En raison du risque de contamination, les entreprises ont commencé à envisager la numérisation de manière plus consciente. Il est donc important de ne pas rater le train. 

Aujourd’hui, le système Ewastra est le seul reconnu en Flandre par l’OVAM. Actuellement, le système est en cours de développement dans différentes entreprises. Depuis mai 2021, Denuo, en collaboration avec Pionira et un certain nombre de ses membres, a procédé à une évaluation approfondie du système afin qu’il puisse être affiné en vue d’une utilisation dans tout le secteur. Par exemple, une place supplémentaire est accordée aux éléments concernant l’ADR et un certain nombre d’ajustements sont effectués pour rendre le système encore plus convivial. 

Le système de numérisation des formulaires d’identification Ewastra fera complètement disparaître le papier dans la chaîne de transort des déchets.

L’objectif est que le système Ewastra soit déployé progressivement par tous les grands acteurs du secteur du traitement et du recyclage des déchets à la fin de l’automne et au début de 2022. Après tout, la date limite de mise en œuvre en Flandre est le 1er janvier 2023. D’ici là, tous les formulaires d’identification devront être numériques. Compte tenu des délais, il est donc important de commencer à temps le processus de numérisation des documents relatifs aux déchets au sein de votre entreprise.

Quelle est la situation de la reconnaissance d’Ewastra dans les autres régions ? En Région wallonne, Denuo a conclu un accord pour démarrer une phase de test. Cette phase de test durera entre 6 et 12 mois, après quoi une évaluation aura lieu en collaboration avec la Région wallonne. 

Dans un premier temps, la Région wallonne sou­haite pouvoir suivre un camion en direct tout au long de son trajet (de la collecte jusqu’à la décharge) afin de se faire une idée précise du fonctionnement du système pour les chauffeurs, les producteurs, les collecteurs privés et les inspecteurs.

Denuo et Pionira sont en train d’établir des contacts pour organiser ce transport afin que les tests puissent avoir lieu cet automne, en laissant le temps nécessaire pour affiner le système si nécessaire. Au niveau de la Région wallonne, Denuo s’attend à beaucoup de mouvement dans les mois à venir.

Enfin, il y a le cas de la Région de Bruxelles-Capitale. Pionira indique que la demande d’homo­lo­gation du système Ewastra a été soumise à la Région de Bruxelles-Capitale, et qu’une démon­stration du système a été organisée. La Région a posé des questions supplémen­taires à ce sujet, princi­pale­ment sur le système proprement dit, son exten­sion, les dispositifs, la forme, etc. 

Suite à ces questions, Pionira développe actuelle­ment un certain nombre d’éléments supplémen­taires. Le but est de soumettre une démo et une application adaptées encore cet automne afin que l’approbation puisse être obtenue également dans la Région de Bruxelles-Capitale et que le système puisse être déployé dans tout le pays.

Ce dernier point est en tout cas l’objectif de Pionira et de Denuo. Avec le déploiement d’Ewastra, les deux parties visent l’avenir numérique et espèrent faire d’Ewastra le système de référence pour la numérisation des documents liés aux transferts de déchets.   

Denuo vient d’injecter 20 ans d’expérience publique et politique dans son équipe

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Le 20 septembre, Denuo a accueilli un nouveau collègue dans son équipe : Jean-François Pinget, Senior Advisor, est chargé d’assurer la liaison entre la fédération et les administrations, cabinets et décideurs wallons. Grâce à sa grande expérience et à son réseau à ces niveaux, il est la personne idéale pour contribuer à façonner l’avenir des matériaux usagés en Wallonie.

Jean-François a rapidement commencé sa carrière dans le secteur public wallon. Après un an comme juriste chez Stibbe, il a rejoint en 2001 le cabinet de Charles Michel, alors ministre wallon des Affaires intérieures. « Au sein du cabinet du ministre Charles Michel, j’ai eu l’occasion d’assister à la réforme des provinces et des intercommunales », raconte Pinget. « J’ai notamment géré les budgets des municipalités pour les bâtiments et les voiries. J’ai également contribué à la révision de la répartition des subventions pour certains investissements publics, en étroite concertation avec les représentants des communes et des fédérations d’entreprises de construction. »

Par la suite, Jean-François a déménagé vers le niveau provincial, où il est devenu chef de projet pour la cellule environnement. À ce titre, il a pu initier un certain nombre de projets innovants, tels que la mise en place de bilans carbone et la création d’une éco-équipe, visant à réduire l’impact environnemental des activités économiques.

« Lorsque j’ai terminé mes études en gestion environnementale à l’ULB, l’environnement était encore souvent considéré comme un frein au développement économique. Au cours de ma carrière, j’ai travaillé dur pour prouver le contraire. Aujourd’hui, cette vision est heureusement dépassée et l’environnement s’est ­situé au cœur de la transition économique actuelle. Je suis ravi que Denuo puisse ­contribuer activement à l’accélération de cette transition. L’élan est maintenant. Il est grand temps d’appuyer sur l’accélérateur et d’aller de l’avant. »

Après six ans au sein de la Province, Jean-François est passé au SPW, notamment le Département des infrastructures subsidiées. « Au SPW, j’ai apporté un soutien à différents portefeuilles de projets de développement territorial (bâtiments et voiries) subventionnés au niveau wallon ou par les fonds structurels européens (FEDER). »

Au cours de l’année écoulée, il est également entré en contact direct avec le secteur de la gestion et du recyclage des déchets. Il a notamment été chargé de la gestion d’études de marchés et de financements publics pour des projets intéressants comme Be Wapp pour une Wallonie plus propre et Circular Wallonia.

Le transfert actuel vers Denuo est donc une étape logique dans sa carrière. « Tout au long de ma carrière, j’ai toujours joué le rôle de facilitateur, d’intermédiaire pour rapprocher les différentes parties. Cette expérience me sera certainement utile dans mon poste chez Denuo. Tout comme mon vaste réseau au sein des administrations, des cabinets et des familles politiques wallonnes. »

Jean-François a commencé à travailler chez Denuo en tant que Senior Advisor, responsable des dossiers wallons, à partir du 20 septembre 2021.

Women in Recycling : les femmes du secteur se réunissent pour la première fois

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Le vendredi 10 septembre 2021, la Task Force Women in Recycling s’est réunie pour la première fois. Le but de cette Task Force est de réunir les femmes de notre secteur durant des évènements de networking leur permettant d’échanger
leurs expériences.

Durant cette première session, nous avons eu la chance d’accueillir Evy Morssinkhof, Global Inclusion & Diversity and Culture Specialist chez DSM. Evy nous a d’abord expliqué les opportunités mais aussi les challenges que représentait la crise du COVID-19 pour la diversité et l’inclusion (des femmes). Des études ont en effet montré que les femmes étaient des leaders plus efficaces avant et pendant la crise et que les employés qui rapportaient à des leaders féminins se sentaient plus engagés/concernés vis à vis de leurs entreprises durant la crise. Dans le même temps, la crise COVID-19 a signifié des challenges supplémentaires pour les femmes : beaucoup ont dû faire face à une plus grande charge domestique/ d’éducation, les violences conjugales se sont malheureusement accrues,… 

La discussion s’est ensuite tournée plus spécifiquement vers la question de savoir comment imaginer le futur du travail (future of work) dans le secteur du recyclage et de la gestion des déchets.  Des discussions ont été menées en petit groupe et chacune a pu partager son expérience personnelle.

Evy a terminé par nous présenter les actions mises en place chez DSM afin d’inclure les femmes dans l’entreprise et de leur permettre de s’y sentir à leur place. 

Après cette inspirante présentation pleine d’interactions, nous avons profité d’un lunch toutes ensemble afin de continuer la discussion.

Denuo remercie encore vivement Evy pour son expertise et également l’ensemble des participantes pour leur présence à l’évènement. Nous nous réjouissons de réitérer l’expérience le 7 octobre 2021 sous une autre forme : une visite du site de Seraing de l’entreprise Renewi suivi d’un lunch. 

L’interdiction des terrains en gazon artificiel va-t-elle renvoyer nos pneus au four ?

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Entre 2014 et 2018, le parc automobile belge a augmenté de plus de 300 000 voitures. Cette évolution a non seulement entraîné une augmentation de la congestion sur nos routes, mais également une usure collective de milliers de tonnes de pneus. En 2019, ce sont bien 90 000 tonnes de pneus usagés qui ont ainsi été produites. Mais que se passe-t-il exactement une fois que ces pneus arrivent en fin de vie ?

Les pneus usagés, qu’en est-il en Belgique ?

En Belgique, les fabricants (et importateurs) de pneus sont soumis à l’obligation légale de reprise, ce qui signifie qu’ils sont tenus de reprendre gratuitement les pneus usés ou endommagés. C’est l’organisme de gestion Recytyre qui est chargé de la gestion de cette obligation de reprise en Belgique. Toutefois, la responsabilité de Recytyre est limitée aux pneus provenant du marché du remplacement, c’est-à-dire les pneus usés remplacés par un garage ou un centre de pneus et les pneus provenant du marché de première monte.

Pour ce faire, le consommateur paie une contribution qui soutient la collecte et le traitement ultérieur des pneus. A cette fin, Recytyre s’appuie sur un réseau de plus de 40 opérateurs privés qui collectent et traitent les pneus provenant de plus de 4 000 points de collecte (garages, centres de pneus, etc.).

Premier objectif : la réutilisation

La première étape de la procédure de traitement commence après la collecte. Tout d’abord, les pneus qui peuvent encore être réutilisés ou rechapés sont triés manuellement et conservés séparément. Ce tri est une obligation légale en Belgique. 

Dans la pratique, cependant, ces pneus sont souvent déjà triés par les points de collecte eux-mêmes avant qu’un collecteur ne vienne les chercher. Ces pneus sont généralement vendus dans les garages sous l’étiquette “pneus d’occasion”. Bien que ces pratiques soient bénéfiques en soi, elles excluent ces pneus du système Recytyre et ne contribuent donc malheureusement pas aux taux de recyclage actuels. En effet, l’objectif de 10% de réutilisation et de rechapage n’a pas été atteint depuis de nombreuses années. La majorité des pneus déclarés comme recyclés dans le système Recytyre sont pour la plupart des pneus recyclés en dehors de l’Europe, souvent dans des pays africains, où les normes de sécurité pour les pneus sont beaucoup plus faibles.  

Récupération des matériaux précieux

Les pneus qui ne peuvent plus être réutilisés sont principalement recyclés afin de récupérer les différents matériaux précieux qu’ils contiennent. Ces matériaux se répartissent en quatre grandes catégories : le caoutchouc (naturel et synthétique), les charges chimiques (noir de carbone et silice), les matériaux de renforcement (acier et fibres textiles) et les composants chimiques (agents de vulcanisation et antioxydants).

Pour récupérer ces matériaux, les pneus sont broyés mécaniquement dans une installation de concassage, ce qui permet de déchirer et de broyer les pneus en petits morceaux. Seuls les collecteurs et les pré-transformateurs sont actifs en Belgique. Les pré-transformateurs procèdent à un premier “déchiquetage” qui consiste à réduire les pneus en petits morceaux qui sont ensuite envoyés aux transformateurs finaux en Europe et ailleurs. Le niveau de finesse du broyage est déterminé par le produit final/la fonction d’usage ultérieur des pneus. La grande majorité des pneus sont transformés en granulés ou en pellets de caoutchouc. Ceux-ci ont des débouchés variés tels que les objets moulés (roues en caoutchouc, poubelles, etc.), les aires de jeux, les pistes d’athlétisme, les tapis amortissants, etc. Le principal débouché de ces granulés de caoutchouc est le matériau de remplissage des pelouses artificielles.

Enfin, en Europe, de nombreux pneus sont encore brûlés pour la valorisation énergétique. Le caoutchouc a une valeur énergétique élevée, ce qui lui permet d’être utilisé comme combustible (également appelé combustible dérivé du pneu ou TDF- tyre derived fuel) pour remplacer les combustibles fossiles. Une autre raison pour laquelle encore un tiers des pneus usagés en Europe sont incinérés aujourd’hui est le simple fait que les débouchés existants pour le caoutchouc recyclé sont de plus en plus saturés.

Allons-nous devoir bientôt brûler davantage de pneus en Europe ?

Nos opérateurs belges sont également touchés par la crise. Ils ont vu les prix de la transformation augmenter de façon spectaculaire ces dernières années et ces derniers mois en particulier. Cette tendance ne fera que s’accentuer dans les années à venir. L’Agence européenne des produits chimiques (REACH) a proposé des restrictions importantes sur l’utilisation de certains granulés, afin de lutter contre la pollution par les microplastiques en Europe. L’une des conséquences de cette décision est que l’utilisation de granulés de caoutchouc dans les gazons artificiels sera interdite.

Tout ceci montre qu’il est moins une pour nos pneus usagés. Il y a un besoin urgent d’innovation et de recherche, afin de trouver des débouchés/applications de haute qualité pour le caoutchouc recyclé.  La recherche sur l’utilisation de caoutchouc recyclé dans la production de nouveaux pneus doit également être encouragée, mais étant donné la complexité d’un pneu, un pneu 100 % recyclé n’est pas encore une réalité pour demain. Des solutions alternatives sont nécessaires pour combler le fossé. Sinon, des milliers de tonnes de pneus finiront dans les incinérateurs et nous perdrons leurs matériaux précieux.

Déchets des inondations en Wallonie : focus sur le recyclage

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Mi-juillet, la Wallonie a été frappée par des inondations sans précédent. Ces fortes inondations ont causé beaucoup de souffrance humaine et de dommages matériels, et elles ont également généré beaucoup de déchets. Au total, quelque 160.000 tonnes de déchets encombrants ont été retirées des zones touchées au cours des dernières semaines. Dès lors, les déchets ont été stockés temporairement sur 3 sites en Wallonie, en attendant l’attribution de l’appel d’offres public pour la collecte et le traitement de ces déchets, avec une attention maximale accordée au recyclage.

Les trois sites principaux de stockage temporaire se situent dans la région liégeoise. 

Le site du Wérihet

Le site du Wérihet à Wandre a accepté environ 35.000 tonnes de déchets en mélange qui sont bien plus décomposés et contiennent des déchets fins et ultimes. 

La priorité est donnée à ce site car il est trop proche du voisinage et provoque des incommodités. Idéalement, la région aimerait évacuer ce site dans un délai de 1 à 2 mois.

Le long de la A601

La bretelle d’autoroute fermée de la A601 a été réquisitionnée pour stocker les déchets sur 2 bandes de 5 km chacune. Ce site est encore approvisionné à un rythme de plus en plus faible. Le volume total stocké est estimé à 70.000 tonnes.

Pour le site de la A601, le délai peut être plus long mais les solutions apportées devront être travaillées sachant que c’est le plus grand volume de déchets stockés.

Site de la société Loiseau

Enfin, le site localisé à Engis sur le site de la société Loiseau. Approximativement 50.000 tonnes sont stockées en 4 ou 5 tas sur ce site.

Les déchets stockés sur ce site doivent être évacués avant décembre 2021 car la société Loiseau doit procéder à la réalisation d’un projet sur le site même.

Miser sur le recyclage

Début septembre, les trois cahiers des charges ont été lancés, avec la priorité pour le site du Wérihet. Dans ces cahiers, la Région wallonne donnait la priorité à des solutions de recyclage, conformément à la hiérarchie de Lansink. Concrètement, les taux de recyclage sont estimés entre 30 et 60% selon les sites. 

Actuellement, les trois sites principaux de stockage intermédiaire ont été attribués à la société momentanée entre Bruco Containers, Maes Containers et Aertssen. Les travaux d’évacuation et de traitement ont commencé.